Commémoration du centenaire de la Grande Guerre

A l’été 2014, Culture & Patrimoine participait à la commémoration nationale du centenaire de la guerre 1914-1918.

En ce mois de novembre 2018, qui clôture cette commémoration , Culture & Patrimoine invite le directeur des Archives départementales, Jean-Christophe Labadie, à présenter une conférence sur le Bilan humain de la Grande Guerre, le samedi 10 novembre à 17h, à Château-Garnier. Lors de la cérémonie du dimanche 11 novembre, l’association propose aux habitants de participer à la lecture d’un Appel aux Morts évoquant plus largement les Poilus, accompagné de textes d’écrivains combattants.

Pour cet éditorial, Culture & Patrimoine a choisi de laisser la parole aux Femmes de La Valette, auteures d’un Journal de liaison d’août 1915 à mai 1918.

LA VALETTE A SES POILUS

Dimanche 14 Novembre 1915  – N°8

Novembre

  C’est un mois triste tout s’accorde pour le faire ainsi.

  D’abord le temps, qui est ordinairement brumeux et gris, la pluie continuelle, la campagne vient à peine de se déparer. Et le souvenir tout récent de son éphémère beauté rend son uniformité grise et nue plus poignante encore.

  Enfin il commence par une journée consacrée au souvenir des morts. C’est triste aussi mais on l’aime pourtant ce jour là, on le goûte avec une joie amère mais satisfaisante. On songe à tous les morts mais surtout à ceux qu’à fait la guerre depuis quinze mois…On allait pleurer sur la tombe des autres, on pense à présent en regardant les derniers souvenirs, la dernière lettre qu’on a de ceux qui ne reviendront plus… Ils n’ont pas vu la fin de la guerre, et pourtant c’est à eux qu’on devra la victoire, on leur a tout pris pour elle et ils n’en jouiront pas.

  Mais ceux qui restent savent tout ce qu’ils leur devront et leur souvenir est trop imprimé dans les coeurs pour s’effacer un jour.

«Petite soeur»

Mardi 9/11/15

 

 

La Situation

          Brr!… quel froid avant le lever du soleil. Il est bien paresseux à présent aussi … on fait comme lui, et rares sont ceux qui ne roupillent encore avant 6 heures. Mais on a le temps après de l’attendre!

          Rosaimée elle peut vous prouver qu’il fait froid, elle a «entendu» geler… Il faut de petites oreilles de 4 ans pour cela…

          En voyant la montagne toute blanche en haut on frissonne, c’est l’hiver !…Pas tout à fait mais bien proche. Le noir hiver, dit-on. Quoi de plus blanc pourtant !…

          Il faut se hâter de ramasser du bois, car bientôt il ne sera plus temps. Vite on se met à la besogne, les uns exploitant les grosses branches, les autres les rangeant en fagots qui s’empilent rapidement. Le soir au coucher du soleil on se met en devoir de les charger sur les mulets et les ânes qui obéissent paisiblement.

          C’est bizarre tout de même la nuit est toujours claire, on dirait des nuits d’été si ce n’était une bisette froide. Puis pendant le jour c’est plein de brouillards.

          Les bergers eux font toujours leur même train train monotone, ils ont tout le temps de considérer les montagnes, le ciel.

          En regardant les pins de Peïmian, noirs sur la neige blanche, ou ceux des Avélaniers, tout de suite leur pensée s’en va vers des montagnes blanches aussi où les sapins sont plus noirs encore pour être plus nombreux.

          Là nos vaillants chasseurs alpins font des leurs ; peut-être se souviennent-ils aussi des montagnes de chez eux qu’ils préfèreraient parcourir.

«Paysette»

mercredi 10-11-15

Tous nos remerciements à André Peyron pour nous avoir permis la publication de cet extrait.

Edito : La démarche éthique de C&P – Avril2018

Edito 30 janvier 2018